En bref

Chute historique du logement neuf

   Le marché du logement neuf s'est effondré au second trimestre 2026, alerte la Fédération des promoteurs immobiliers. Le dispositif Jeanbrun, supposé stimuler les investissements locatifs, n'a pas convaincu les particuliers.



© echevm - Adobe Stock

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 «Je croyais que nous avions touché le fond, mais la situation continue de se dégrader ». C'est ainsi que Pascal Boulanger, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), a résumé la situation, lors de la présentation des résultats du deuxième trimestre (T2) 2026, le 9 septembre, à Paris. Troubles géopolitiques, inflation, contexte national tendu... le contexte macroéconomique est néfaste car en matière de logement «l'inquiétude génère l'attentisme », a souligné Didier Bellier-Ganière, délégué général de la FPI. Tous les indicateurs sont à la baisse. A commencer par le nombre d'autorisations de construire délivrées pour les logements collectifs : -19,8% par rapport au T2 2025. Le petit rebond constaté ce premier trimestre s'est stoppé net. «Des promoteurs se disaient : on ne veut pas insulter l'avenir, on lancera les projets si l'horizon se dégage... Cela n'a pas été le cas et ils ont arrêté de déposer des demandes», décrypte Pascal Boulanger. Résultat : 40 485 autorisations au T2 2026, contre une moyenne de 59 600 entre 2015 et 2018.  


Mais le coup de frein vient aussi du politique, montre la courbe du nombre moyen d' autorisations chaque mois depuis 2014. Elle n'a cessé de diminuer, mandature après mandature. La FPI constate aussi un tarissement des mises en vente : -17,9% entre le T2 2025 et le T2 2026, pour atteindre 18 740. « Les chiffres sont même inférieurs à l'année Covid » (20 182), souligne Pascal Boulanger. Autre indicateur du niveau de crise scruté par la FPI, le taux de retraits d'opérations avant leur mise en commercialisation. Ce trimestre, il a diminué de 14%. «Cela dénote un tarissement du nombre d'opérations plus qu'une amélioration de la situation», commente Didier Bellier-Ganière. Pour la FPI, le taux «normal» est d'environ 5%.


L'espoir déçu du dispositif Jeanbrun


Les réservations de logement ont diminué de 23,6% au T2. «C'est presque un quart de moins. Nous n'avons jamais atteint un niveau aussi faible. Le Covid fait presque figure d'eldorado», commente Didier Bellier-Ganière. La chute drastique (- 40,8%) des ventes en bloc explique cette tendance : elles sont passées de 8 726 au T2 2025 à 5162 au T2 2026. Les ventes au détail, elles, ont diminué de 11,3%, 12 694 au T2 2026 vs 14 307 au T2 2025. La chute est moins rude, mais le niveau, historiquement bas. Les deux segments qui composent la vente au détail ont connu une évolution différenciée. Les ventes en accession à la propriété ont chuté de 17,9% (9 267 unités). A l'inverse, la vente aux investisseurs a augmenté de 13,4% (34 27 unités).

Mais cette évolution positive constitue une immense déception : le dispositif fiscal Jeanbrun, mis en place en février pour les favoriser, n'a pas tenu ses promesses. «J'ai été très optimiste. j'avais parié sur 4 000 par mois, mais on est entre 150 et 200 par mois (…) Il n'y a pas d'engouement», commente Pascal Boulanger. Dans ce contexte qui conjugue faiblesse de l'offre et demande poussive, le délai d'écoulement de l'offre commerciale reste très élevé, par rapport à celui considéré comme normal par la profession (12 mois). Ce délai atteint aujourd'hui 24,1 mois à Lille, 30,6 à Rennes, et 37,8 à Reims. «Tous les marchés sont bloqués», commente Didier Bellier-Ganière.


Les prix aussi demeurent stables (autour de 5 000 euros le m2) . Selon la FPI, les promoteurs, en difficulté, ne disposent pas de marge de manœuvre. Il revient au politique de débloquer la situation en prenant les mesures nécessaires pour favoriser la demande . Dans ce cadre, «La seule bonne nouvelle, c'est qu'il y a cinq ans, le logement était le grand oublié de la campagne électorale et qu'aujourd'hui, tout le monde en parle», note Pascal Boulanger, promettant que la FPI s'emploiera à stimuler cet intérêt des candidats.