En Lorraine, le chiffre d’affaires pourrait ainsi reculer de 10% en volume d’ici la fin de l’année… Résultat : des carnets de commandes qui se contractent (-25%), des investissements et des projets de recrutement ajournés. Un paradoxe alors que les besoins vitaux, eux, ne manquent pas.
Travaux de voirie, réseaux d’eau, rénovation énergétique, adaptation au changement climatique… sont reportés, faute de visibilité. Or, différer aujourd’hui, c’est souvent payer plus cher demain. Avec plus de 60% de la commande publique portée par le bloc communal, les collectivités ont une responsabilité majeure. «Programmer, engager, payer» : le vœu réclamé par la fédération lorraine restera-t-il pieux ? Faut-il attendre des jours meilleurs les bras croisés ?
Repenser ses modèles
Et si cette crise imposait aussi au secteur du BTP de repenser ses pratiques, ses matériaux, ses modèles ? À Kédange-sur-Canner, Caroline Semin, DG du groupe éponyme, mise sur les innovations de rupture pour préparer l’avenir du bâtiment. Son entreprise vient de se diversifier dans les isolants fabriqués à partir de textiles en fin de vie.
Près de 900.000 tonnes de vêtements inondent nos placards chaque année en France, mais seules 230.000 tonnes sont collectées une fois les textiles jugés démodés : la matière première est là. Reste à transformer l’essai industriel et les mentalités.
Même en zone de turbulences, le bâtiment peut devenir un terrain d’expérimentation. À condition de ne pas sacrifier les investissements et les commandes qui permettront de construire demain, autrement.