La démographie constitue un enjeu majeur, pas uniquement pour les êtres humains. C'est ce que montre l'étude «Résilience et fragilités des PME dans le contexte économique et financier actuel», présentée le 24 septembre, par BPCE L'Observatoire. En France, le contexte est effectivement extrêmement tendu, avec une croissance en très net ralentissement. Elle atteint 0,5% au second trimestre 2026 sur un an, en décrochage par rapport à la moyenne de la zone euro (+1%).
Dans ce cadre, la démographie des entreprises connaît une évolution qui pourrait sembler surprenante. «La création d'entreprises connaît une croissance à deux chiffres. Elle est de plus en plus forte», constate José Bardaji, directeur des Études et prospective du groupe BPCE. En août 2026, le taux de croissance atteint 11% sur un an. Toutefois, cette dynamique concerne principalement les micro-entreprises (+ 14%), devant les sociétés (+ 7%). Sur la même période, les défaillances d'entreprises ont crû de 2%, pour atteindre 69 700 (286 100 emplois menacés).
Mais d'autres indicateurs significatifs méritent être soulignés, selon BCPE L'Observatoire. Le taux de défaillances atteint 1,09 %, un niveau quasiment identique à celui des trois années précédentes. «Il reste stable, mais son niveau est élevé, supérieur à la période avant Covid», pointe José Bardaji. Les entreprises qui comptent entre 1 et 49 salariés connaissent le taux le plus élevé (2,5% environ). Autre indicateur essentiel : le nombre d'entreprises actives. «Leur nombre est passé de 4 millions il y a deux ans, à quasiment 6 millions aujourd'hui. L'augmentation est significative, mais elle s'accompagne d'une recomposition de la structure productive de l'économie française qui compte beaucoup plus d'entreprises sans salariés aujourd'hui qu'il y a dix ans», conclut José Bardaji.
«Processus de destruction créatrice»
La démographie des entreprises variable selon les secteurs, constitue également un indicateur de la dynamique de ces derniers, montre l'étude. Ainsi, le commerce, qui subit le choc inflationniste depuis quatre ans comptabilise 15 463 faillites en août 2026 (+ 2% en un an). Dans ce secteur extrêmement diversifié, commerces alimentaires ( hors artisanat), réparation automobile et biens qui nécessitent l'obtention d'un crédit figurent parmi les plus touchés. A contrario, les commerces d’habillement et d’équipement du logement enregistrent un recul. La dynamique globale de créations de sociétés reste forte : + 6% sur les douze derniers mois (47 000). «Il est probable que l'on assiste à un processus de destruction créatrice, que l'on nomme processus shumpeterien, avec des mutations et des transformations, de nouveaux acteurs qui entrent sur le marché et captent les usages nouveaux des ménages», décrypte Julien Laugier, économiste du groupe BPCE.
Autre secteur, celui de l'immobilier (au sens large). Il totalise 16 800 défaillances en août 2026, soit -4% en un an, mais le niveau reste élevé. Dans le détail, la promotion immobilière est particulièrement touchée, qui a vu leur nombre multiplié par trois depuis 2019. Le second œuvre se porte mieux. De l'autre coté, le niveau de créations d'entreprises dépasse les 50 000. «Même si cette dynamique est légèrement enrayée, elle demeure», souligne Julien Laugier.
Rien de tel, dans le transport de marchandises qui cumule recul de l'activité, et choc de la hausse des prix du carburant. Si le nombre de défaillances a diminué de 9% en un an (1 726 en août 2026), il avait atteint un record l'an dernier. Et les créations, qui ont beaucoup diminué depuis 2021, restent stables autour de 3 500 depuis trois ans. «C'est assez peu dynamique. Ce secteur traverse une période difficile», conclut l’économiste.