Plus que 63 ares de vignes à Pommard, le conseil départemental de Côte-d’Or s’est doté en 2019 d’un terrain d’expérimentation au service des professionnels du secteur. Et ce 12 mars, la collectivité a procédé à la réimplantation qu’une quarantaine d’ares de pinot arrachés en 2023, car vieillissants. «Nous avons la volonté de nous inscrire en agriculture biologique et dans un projet global. Nous avons donné un axe expérimental à cette parcelle en intégrant le changement climatique» souligne François Sauvadet, président du Département. L’ambition affichée est de produire des vins qualitatifs sous l’appellation Bourgogne Côte-d’Or.
Des essais pour l’avenir
Ce renouvellement a donné l’opportunité aux experts de s'intéresser à de nouvelles techniques de culture. «Nous expérimentons le paillage, l’enherbement inter-rang afin de lutter contre l’érosion du sol, la diversification du matériel végétal. Nous menons aussi des essais autour de l'apport de cuivre et ses répercutions en cas de pluie» énumère l'élu. Par ailleurs, François Sauvadet a souhaité mettre l’accent sur le projet vitiforestier qui se traduit par la plantation d’arbres entre les pieds de pinot d’un côté et de chardonnay de l’autre. Outre des tilleuls, des aulnes et des fusains, le Conseil départemental plantera une vingtaine de pommiers à l’automne prochain. D’ici six ans, les fruitiers devraient permettre une première récolte. «Nous envisageons de produire 600 bouteilles de jus de pomme par an qui seront servis aux évènements du Département».
Du côté des vignes, il faudra attendre trois ans pour que les jeunes pieds produisent les raisins destinés à la vinification. Pour gérer sa parcelle et réaliser les indispensables travaux sur les vignes, le Conseil départemental se repose sur Enfance et Handicap et son entreprise adaptée viticole. Une trentaine de personnes en situation d’insertion ont notamment la charge de la plantation. Le domaine Rossignol Février, à Volnay, aura quant à lui la responsabilité de la vinification. Les bouteilles, jusqu’à 1 500 quand la récolte sera à son apogée, pinot et chardonnay réunis, serviront à promouvoir le territoire mais ne pourront être vendues.
Soutenir plus qu’une filière
A travers ce terrain dédié aux essais, François Sauvadet entend rappeler son attachement et son soutien à l’ensemble de la filière agricole. «Nous devons maintenir notre capacité à produire malgré le changement climatique, c’est une question de souveraineté alimentaire. Il faut répondre aux enjeux de transmission en donnant confiance aux jeunes».
En ce sens, le Département a également fait l’acquisition de 20 hectares de terres maraîchères à Perrigny-lès-Dijon. Trois hectares sont gérés par les Restos du cœur afin de fournir ses rayons en légumes. Quatre hectares, sous la responsabilité de la Croix-Rouge Insertion, viendront alimenter une cuisine centrale pour remplir les assiettes des cantines scolaires de produits locaux. La surface restante servira à l’installation d’un jeune agriculteur en maraîchage.
Pour Aletheia Press, Nadège Hubert