L'été des -tristes- records. Le 3 septembre, Météo France a présenté à la presse le bilan de l'été 2026. « Cet été aurait été quasi impossible sans le changement climatique, mais c'est aussi un été qui reste rare, même dans le climat actuel déjà réchauffé », a expliqué Virginie Schwarz, Pdg de Météo-France. De l'ère pré-industrielle (1850-1900), à cet été 2026, l'écart de température est de 5 degrés, dont la moitié environ sont directement imputables au changement climatique. Cet été 2026, le premier record a été celui de la température moyenne sur 24h de 24 degrés, le plus chaud depuis 1900. Deuxième record : les températures maximales atteintes, avec 90% du territoire qui a connu au moins une fois au cours de l'été une température de plus de 35 degrés. Et 45% du territoire a subi au moins une fois une température maximale supérieure ou égale à 40 degrés. « Il ne s'agit plus d'un phénomène qui concerne uniquement des zones spécifiques, il prend de l'ampleur », souligne Virginie Schwarz.
Cet été a également connu des vagues de chaleur historiques en terme d'intensité (en juin) et de durée (53 jours en août). Conséquence logique, une sécheresse au zénith : 40% de déficit de précipitations par rapport à la normale. Et au final, arrive le bilan dramatique sur les incendies : six fois plus de surface que la moyenne des 20 dernières années ( fin août). Par ailleurs « Cette saison d'été extrêmement sèche vient après un hiver qui avait été un des plus arrosés, avec un excédent de précipitation de 35%. Cela illustre exactement le changement climatique », ajoute Virginie Schwarz. D'après les projections de Météo-France, les étés les plus chauds pourraient dépasser 67 jours de vague de chaleur à horizon 2050 et 92, à horizon 2100. Avec leur cortège de conséquences, dont l'aggravation du risque de feux qui se répandrait sur la quasi-totalité du territoire.
« Être prêts pour l'an prochain »
« L'essentiel est d'être prêt pour l'an prochain », est intervenue Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, présente lors de la conférence de presse. Elle a été chargée par le Premier ministre de proposer des mesures en ce sens, fin septembre. « L'été que nous venons de vivre a fait naître, je l'espère, un élan collectif. Notre enjeu est désormais de capitaliser sur cet élan, d’accélérer la mise en œuvre de mesures prioritaires qui se heurtent aujourd'hui à un certain nombre d'obstacles, que ces derniers soient réglementaires, financiers ou opérationnels. (…) Un éventail de mesures de court terme va pouvoir se mettre en place très rapidement », a-t-elle déclaré. Exemples : accorder les dérogations nécessaires pour tracer les chemins d'accès dont les pompiers ont besoin pour circuler dans les forêts ; installer des volets et brasseurs d'air dans les écoles qui n'auront pas pu être rénovées à temps. La ministre a annoncé qu'elle assortirait les mesures présentées au Premier ministre d'un programme d'investissement chiffré et financé sur les cinq prochaines années. « Je souhaite en particulier à cet égard que l'épargne des Français soit davantage mobilisée pour financer des solutions d'adaptation », a précisé Monique Barbut.
Au delà de ce plan, d'autres mesures sont en train d'être prises par le gouvernement. Par exemple, un aménagement du calendrier des examens, par le ministère de l’Éducation nationale. Dans le cadre du projet de loi sur le logement, a été introduite une obligation de prévoir des stores dans les logements. Durant l'été, le gouvernement avait été fortement mis en cause par l'opinion publique, car jugé très largement impréparé à la canicule. « Personne n'attendait véritablement quelque chose de cette ampleur, maintenant », s'est défendue la ministre.