C'est parti. Le 25 juin, à Paris, au stade du Parc des princes, la CPME, Confédération des petites et moyennes entreprises, officialisait son changement de nom. Amir Reza-Tofighi, président de l'organisation l'avait annoncé dans un entretien au Figaro, la veille. Dans le stade, « ce que nous représentons ne se résume pas à une taille d’entreprise.(...) c’est une manière d’entreprendre. Une entreprise où le dirigeant engage sa responsabilité, parfois son patrimoine, investit, transmet, prend des risques et construit quelque chose qui dépasse souvent sa propre personne », a expliqué Amir Reza-Tofighi, face à un auditoire qui s'était réfugié sur les derniers rangs de la tribune, à l'abri du soleil, lors du lancement de l'événement intitulé « Grande Assemblée des entrepreneurs ».
Selon les organisateurs, près de 4 000 personnes y ont assisté. Parmi eux, des entrepreneurs, des experts, deux ministres, Anne Le Hénanff (Intelligence artificielle, Numérique), Serge Papin (PME). La « Grande Assemblée des entrepreneurs », combinait ateliers consacrés à des thèmes opérationnels, comme la facturation électronique, et débats sur de grands enjeux, à l'image de la souveraineté économique.
Pour Amir Reza-Tofighi, il s'agissait aussi d'afficher la volonté de l'organisation de faire entendre sa voix en vue de l'élection présidentielle, trois jours après le Medef.
Il a affirmé la nécessité pour la France de « retrouver le goût de la croissance productive ». « Elle doit se donner une ambition forte et mesurable : augmenter d’au moins 10 % en cinq ans la valeur créée sur le territoire, soit une croissance du PIB de 2 % par an ». Le président de Les Entrepreneurs a présenté son dispositif prévu en vue de l'élection présidentielle. Lequel comprend notamment la création de « la Fabrique des Entrepreneurs », espace de propositions, le déploiement de consultations largement ouvertes en termes de sujets abordés et de participants au niveau départemental, en septembre, et une restitution des travaux fin 2026. « Nous demanderons aux candidats à la présidentielle de répondre point par point », a précisé Amir Reza-Tofighi.
Réseautage et marketing
Quelques-uns de ces candidats étaient venus à la rencontre des entrepreneurs, au parc des Princes : Gabriel Attal (Renaissance), Édouard Philippe (Horizon) , Bruno Retailleau (LR). Certains les attendaient, à l'image de l'Alliance pour le Fabriqué en France, qui réunit notamment des syndicats patronaux (Les Entrepreneurs, le METI) et de salariés (CFTC, CFE-CGC ) militant sur le sujet, présente avec un stand dans le cadre de l'événement. « Nous sommes présents aujourd'hui aussi pour rencontrer des politiques. En particulier, nous mettons en avant le sujet de la commande publique, pour la présidentielle. Aujourd'hui, lorsque que l'on parle du Fabriqué en France, il n'y a aucun parti pour nous dire que cela ne les concerne pas. Le thème est trans-partisan », explique Olivier Ducatillion, porte-parole de l'Alliance et président de l’Union des industries textile (UIT), qui s'adresse aussi aux entrepreneurs. « Eux aussi peuvent réfléchir en se disant, plutôt que de prendre des voitures chinoises ou japonaises, il peut être intéressant de prendre des voitures françaises », ajoute-t-il.
De fait les élections étaient loin d'être le seul sujet à intéresser les entrepreneurs présents. Comme Christine Béluriée, fondatrice de Boomatic, qui fournit des services d'externalisation de directions commerciale ou de marketing à des PME, venue « réseauter ». «Je suis membre de la CPME 93 (…), je suis venue voir des clients potentiels, des gens que je connais », explique l'entrepreneuse, qui a aussi assisté à des conférences sur l'IA et la digitalisation des entreprises. La politique? « c'est bien que les entrepreneurs s'expriment. La dynamique économique, c'est nous », estime Christine Béluriée qui avoue néanmoins ne pas attendre grand-chose des gouvernements.
Quant au changement de nom de la CPME, « c'est du marketing », estime-t-elle. « Le président a souhaité imprimer sa marque et enlever le terme PME, un peu restrictif. L'effet n'est pas méga waouh, mais il faudra voir à l'usage », analyse pour sa part François Massardier, fondateur de Calif, cabinet de lobbying et affaires publiques. Pour lui, la compétition affichée entre le Medef et les Entrepreneurs, n'aura qu'un temps. « En 2022, ils pouvaient se permettre d'avoir des positions différentes, car il y avait l'assurance d'avoir un président pro-business. Cette fois si, si apparaît le risque d'avoir un président qui ne le soit pas, ils ne vont pas courir le risque de diviser », décrypte François Massardier.