Aller vite et être efficace. C’était la volonté de la préfète de la Meuse mobilisée il y a un mois au cœur d’une exploitation, à Brabois-le-Roi, pour annoncer l’ouverture du guichet d’aide doté d’une enveloppe de 1 650 000 d’euros, dans le cadre du plan CASI. Réunis le 13 puis le 30 octobre, les deux commissions ont examiné la gravité des situations au cas par cas, sachant que les critères d’obtention avaient été définis après une réflexion avec la profession. Le comité d’experts a finalement donné une suite favorable à 258 dossiers pour un montant de 1,65 million d’euros, soit l’intégralité de l’enveloppe. La Meuse est d’ailleurs le premier département du Grand Est à avoir attribué l’ensemble de sa dotation. Parmi les agriculteurs aidés, les jeunes ont largement bénéficié du soutien financier. Pour ceux dont le dossier n’a pas été retenu, les raisons s’expliquent par une demande incomplète ou encore des difficultés structurelles et non en lien avec les pertes provoquées par la sécheresse exceptionnelle vécue cette année, selon les services de la préfecture de la Meuse.
Trésoreries sous tensions
Si toutes les productions étaient éligibles, les aides financières ont pu varier selon le statut de l’exploitation : 5 000 euros pour les GAEC et 7 500 euros pour les entreprises individuelles. Alors que dix-sept millions d’euros ont été fléchés dans le Grand Est, 75% de cette enveloppe sont d’ores et déjà mobilisés. Au jeu de la répartition, selon les besoins et la situation des différents départements, la Meuse, plus impactée avait pu bénéficier d’une somme de 1,65 millions d’euros, soit 12,5% de l’enveloppe régionale. S’il salue la réactivité de la préfète, Nicolas Pérotin, le président de la Chambre d’agriculture de la Meuse rappelle que les jeunes ont été ciblés car ils représentent «la population la plus fragile, mais en allant vite, nous avons certainement laissé des gens sur le côté», regrette-t-il. Selon lui, le meilleur levier reste la rediscussion et la prise en charge d’intérêts. «Nous attendons les nouvelles annonces. L’enjeu est de pouvoir discuter plus facilement avec les banques. Au-delà des aides, les agriculteurs doivent prendre le taureau par les cornes en anticipant les éventuelles tensions sur leur trésorerie. Nous pouvons les accompagner».