Faire rimer culture et agriculture en plein territoire rural. C’est le défi un peu fou que se sont lancées la Chambre d’agriculture de la Meuse et la MJC Contre-Courant, labellisée Scène de musiques actuelles avec la volonté d’amener au plus près de la population rurale des spectacles musicaux ou théâtraux. Baptisée Terre de cultures, cette aventure collective devait permettre de déployer en zone rurale six offres culturelles au sein même de six exploitations agricoles volontaires. Derrière cette action, la volonté était de créer un lien direct entre des agriculteurs qui ont accepté d’ouvrir leurs portes et le grand public. À chaque rendez-vous, les enfants des écoles de proximité étaient invités. Cette dimension éducative a renforcé l’impact de l’opération sur la sensibilisation aux réalités agricoles.
Une expérimentation qui devrait s’inscrire dans la durée
«Tout le monde est enchanté par les spectacles qui ont fait l’unanimité. Grâce à la mobilisation des équipes et à l’implication des exploitants, le succès va au-delà de nos espérances avec la venue massive du grand public. Notre rôle est aussi de créer ce dialogue, d’expliquer nos enjeux, de présenter les métiers et d’attirer des jeunes. Nous assumons notre méthode, loin des postures dogmatiques», analyse Nicolas Pérotin, le président de la chambre d’agriculture de la Meuse. L’opération Terre de cultures n’est toutefois pas encore terminée puisqu’une dernière date est programmée le 4 septembre au sein de l’exploitation agricole biologique de Rarécourt, au cœur de l’Argonne où la nature et le cadre devraient créer un vrai «théâtre naturel». Le public devrait se déplacer en nombre pour profiter d’un concert mélangeant country, rock’n’roll et gospel porté par Ring of Cash, duo venu de Bayonne. Alors que la rentrée est synonyme de clap de fin pour l’expérimentation Terre de cultures, les organisateurs travaillent d'ores et déjà sur la prochaine saison avec la volonté de généraliser à l’ensemble du territoire meusien cette opération culturelle rassembleuse, bénéficiant de fonds européens et du soutien de la Fondation Avril. Les exploitations meusiennes sont d’ailleurs déjà nombreuses à s’être positionnées pour accueillir une étape du tour 2027.