Dossier

Vers un observatoire de l’immobilier tertiaire à la Chambre interdépartementale de la Cour d’appel de Nancy

Si l’immobilier résidentiel s’affiche comme un champ d’action notarial privilégié, son homologue du tertiaire ouvre de nombreuses perspectives. À l’instar de ce qui existe déjà chez sa consœur mosellane, la Chambre interdépartementale de la Cour d’appel de Nancy travaille sur l’élaboration d’un observatoire de l’immobilier d’entreprise sur son périmètre d’intervention. Les choses avancent, pas à pas, en lien avec les autres acteurs de la pierre entrepreneuriale.

Bientôt un observatoire de l’immobilier d’entreprise, version notaires, sur le périmètre de la Chambre interdépartementale des notaires de la Cour d’appel de Nancy (l’instance couvre les départements de Meurthe-et-Moselle, de la Meuse et des Vosges). La réponse se veut affirmative, reste à savoir quand ? 

«Le marché du tertiaire et de l’immobilier d’entreprise affiche une certaine dynamique. Il serait intéressant de réellement l’analyser», assuraient, en début d’année Damien Gegout, notaire à Nancy et Dominique Bravetti, notaire à Vandœuvre-lès-Nancy, tous deux membres de l’observatoire régional de l’immobilier de la Chambre interdépartementale des notaires de la Cour d’appel de Nancy lors de la présentation de leur traditionnelle étude sur l’immobilier résidentiel. 

«Le travail que nous menons depuis plusieurs années sur l’immobilier des particuliers intéresse à la fois les collectivités locales, les organismes bancaires et naturellement les particuliers car nous dégageons des tendances. À nous aujourd’hui de créer, sur notre zone d’intervention, cette même appétence au niveau de l’immobilier d’entreprise», assure Dominique Bravetti. 

L’exemple mosellan 

Le notaire de l’agglomération nancéienne prend pour modèle ce que ses homologues mosellans ont réalisé depuis quelque temps en participant à l’Aguram (Agence d’urbanisme d’agglomérations de Moselle). Cet organisme parapublic s’affiche comme spécialisé dans l’ingénierie et l’étude territoriale sur le département mosellan. 

Une centaine de partenaires, de tous horizons (commercialisateurs, organismes bancaires, groupes immobiliers, collectivités territoriales) y sont regroupés histoire de partager leurs données. 

La Chambre des notaires de Moselle a signé une convention officielle avec cet organisme pour mutualiser les données issues des transactions immobilières réelles (les actes de vente : NDLR). L’année dernière, ce partenariat avec les autres acteurs du secteur a permis la création d’un observatoire de l’immobilier d’entreprise sur le département de la Moselle.

«C’est un point de vue purement personnel mais je pense que c’est sur ce type de modèle que nous devons nous baser pour aboutir à la création d’un observatoire similaire sur nos trois départements», continue Dominique Bravetti. 

«Nous avançons mais nous réfléchissons encore ! Si cela est efficient dans d’autres départements pourquoi pas dans les nôtres ? Autant utiliser ce qui fonctionne déjà !»

L’exemple mosellan pourrait donc servir de base de travail mais avec une vision adaptée aux territoires de la Chambre interdépartementale des notaires de la Cour d’appel de Nancy. 

«Faire un outil le plus accessible possible.»

«En tant que notaires, nous avons les données statistiques car il y a l’obligation légale de passer par nous pour toutes les typologies de transfert de propriétés avec toutes les valeurs qui vont avec. Les mettre en perspectives avec celles d’acteurs spécialisés du secteur permettra d’aboutir un véritable outil optimal. Nous pourrions fournir un travail documenté, indiscutable et accessible au plus grand nombre aussi bien aux chargés de développement de différents horizons (public ou privé). L’intérêt premier serait d’avoir des données fiables et solides en amont des futurs projets, cela permettrait d’optimiser notamment les investissements. Sur ce point précis, il serait bon que les notaires soient, d’ailleurs, plus souvent associés aux projets dès leur lancement».

Intérêt collectif 

D’autres acteurs du secteur de la pierre entrepreneuriale et du développement territorial travaillent également sur l’émergence réelle d’un tel outil notamment en Meurthe-et-Moselle Sud et l’agglomération nancéienne. Scalen, l’agence de développement des territoires Nancy Sud, vient de sortir en juin dernier son observatoire de l’immobilier d’entreprise du bassin nancéien après plusieurs années de travail et surtout de persuasion (notamment auprès de certains commercialisateurs) de la mise en commun de leurs données pour l’intérêt collectif.

C’est vers ce type d’outil d’aide à la décision pour anticiper les tendances et accompagner le développement du territoire, que le futur observatoire de l’immobilier d’entreprise de la Chambre interdépartementale de la Cour d’appel de Nancy entend orienter. 

«À l’instar de ce que nous réalisons pour l’immobilier des particuliers, nous souhaitons élaborer un outil le plus accessible possible et pas uniquement pour les sacro-saints experts». 

La tâche s’avère ardue ! «Au contraire du volet résidentiel, le volet tertiaire demande une centralisation beaucoup plus complexe des données privées. Pour que l’outil soit performant, il faut que l’on ait des valeurs locatives, un taux de vacance, des surfaces commercialisées, ce genre de choses. Cela demande une mise en synergie importante. Je suis confiant, cela viendra, il faut juste arriver à fédérer». 

Une mise en synergie est nécessaire à l’échelle des trois départements concernés par le périmètre de la Chambre interdépartementale des notaires de la Cour d’appel de Nancy. Un vaste périmètre synonyme de vaste chantier qui devrait bientôt aboutir...

La chambre de Moselle avec l’Aguram 

En Moselle, un observatoire de l’immobilier d’entreprise a vu le jour l’an dernier ! Non pas uniquement sous l’égide des notaires mais au sein de l’Aguram (Agence d’urbanisme d’agglomérations de Moselle). La Chambre des notaires de Moselle y participe via un partage de ses données foncières avec cet organisme parapublic. «C’est sur ce modèle que nous devons tendre, à mes yeux», assure Dominique Bravetti, membre de l’observatoire de l’immobilier de la Chambre interdépartementale des notaires de la Cour d’appel de Nancy.