Décryptage

Congrès des Maires du Nord : le maire, en première ligne dans la gestion des territoires

Après la traditionnelle Assemblée Générale, le Congrès des Maires se poursuit ce jeudi 24 septembre  à Gayant Expo à Douai par une table-ronde dédiée à l'aménagement du territoire. Entre une consommation réduite de foncier, la préservation des ressources naturelles, l'anticipation du changement climatique... tous les élus sont confrontés à des politiques d'aménagement qu'ils doivent à la fois durables, avant-gardistes et en lien avec les attentes des habitants.

Inauguration du Congrès des maires, à Gayant Expo à Douai. © Amandine Pinot

Inauguration du Congrès des maires, à Gayant Expo à Douai. © Amandine Pinot

Entre gestion du foncier, du risque et intégration des contraintes réglementaires toujours plus fortes - avec en ligne de mire, la loi Climat et Résilience d'août 2021 dont l'objectif est d'atteindre la zéro artificialisation nette des sols d'ici 2050 -, les communes sont confrontées à un vrai dilemme : construire mieux mais avec des moyens en baisse. «L'aménagement et l'urbanisme sont des sujets de long terme. Il faut dès à présent prendre les mesures pour s'adapter aux transitions, c'est-à-dire adapter l'ensemble de nos règles d'urbanisme, en prenant en compte l'évolution des modes de vie avec un commerce de proximité en difficulté et l'essor du e-commerce qui posent des questions en termes de gestion des flux urbains. Il ne faut pas s'y prendre dans 20 ans, les délais sont longs et les financements sont de plus en plus rares», a témoigné Francis Vercamer, vice-président de la MEL, maire de Hem et président de l'ADULM (Agence de Développement et d'Urbanisme de Lille Métropole.

Exigence de résilience des communes

Exercice périlleux de l'équilibre dans la gestion du territoire, l'urbanisme est évidemment touché par la baisse des recettes et l'augmentation des dépenses. «La mutualisation peut être une clé d'ici 2050, le maire doit être en première ligne» poursuit-il. Exemple concret de l'implication des communes avec la ville de Fourmies, engagée dans la dynamique régionale Rev3 depuis 2015, Fourmies : «il faut retravailler nos priorités : revoir nos bâtiments dégradés, traiter les friches industrielles qui sont de vraies chances sur notre territoire. On peut y construire des bâtiments passifs, y aménager des voiries durables et penser par exemple à l'infiltration de l'eau» témoigne Mickaël Hiraux, maire de Fourmies, commune d'environ 12 000 habitants.

Intégrer en amont les contraintes

«Oui il y a un surcoût mais cela coûtera encore plus cher dans dix à 15 ans» ajoute Mickaël Hiraux. Mais les mauvais choix d'aujourd'hui peuvent avoir des conséquences plus tard : investir au bon moment, avec une logique de long terme, c'est aussi ce que prône Antoine Lebel, directeur du Centre d'Etudes et d'Expertises sur les Risques, l'Environnement, la Mobilité et l'Aménagement) CEREMA, qui accompagne les élus dans leurs projets d'ingénierie.