Décryptage

Le compte à rebours est lancé…

Jusqu’où peut aller la résilience si les moyens pour résister sont inexistants ? Dilemme cornélien auquel l’univers entrepreneurial, tous secteurs confondus et certains beaucoup plus que d’autres, doit faire face.

(c) DR

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Les trésoreries s’assèchent, les délais de paiement s’allongent, le coût des matières premières et de l’énergie explosent, les difficultés d’approvisionnement augmentent. N’en jetez plus, la coupe est pleine. Elle pourrait tout simplement continuer à déborder, prémices d’un tsunami conjoncturel et tout ce qui va avec. 

«La rentrée de septembre sera fatidique !». En une seule phrase, Thierry Ledrich, le président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) Grand Est, annonce le déclenchement d’un compte à rebours inexorable et angoissant. C’était au début du mois dernier à la clôture d’une réunion suivant une rencontre avec le préfet de région, Amaury de Saint-Quentin, organisée sous l’égide de la CCI Grand Est. 

La chambre régionale consulaire, avec l’appui et le soutien de la quasi-totalité des organisations professionnelles patronales et de branches, dressait un état des lieux réaliste mais plus que préoccupant de la situation des entreprises de nos territoires.

 

Fondamentaux fragilisés


«L’économie régionale résiste en apparence mais ses fondamentaux se fragilisent», assure Catherine Hanssen, la présidente de l’Ordre des experts-comptables Grand Est. Le dernier baromètre des professionnels du Chiffre est sans équivoque. Après un effet rattrapage en janvier, l’activité économique dans la région marque un net ralentissement en fin de premier trimestre et ce sans compter l’inflation galopante (+1,7% en mars, +2,2% en avril) qui continue d’éroder les volumes. 

Histoire de tenter d’enrayer le phénomène accentué par un contexte international délétère, le monde économique régional brandit une série de mesures phares pour préserver la trésorerie des entreprises : respecter impérativement les délais de paiement, généraliser les clauses de révision des prix sur tous les marchés, appeler à un moratoire sur les nouvelles normes, reporter les éco-taxations ou encore soutenir plus fortement l’économie locale par la commande publique.

L’économie régionale résiste en apparence

«Ces mesures souhaitées sont réalistes, elles tiennent compte de la situation des finances publiques et ne sont pas principalement d’ordre budgétaire», assure Jean-Paul Hasseler, le président de la CCI Grand Est. Tant mieux, les caisses sont vides ! 

Les bons vieux adages de confiance mutuelle et d’actions collectives pour l’intérêt général sont, à nouveau, les mots d’ordre. Et surtout éviter de surenchérir sur la morosité ambiante. Pas besoin, la réalité parle d’elle-même…