Cette start-up rouennaise fait partie du club très fermé des fintech normandes. Nouvelle venue sur un marché dominé par une poignée d’acteurs historiques, Olenbee vient de lever 7 millions d'euros. Son ambition : dépoussiérer le marché des avantages salariés. À sa création, en 2024, la jeune pousse s’est d’abord attaquée aux titres-restaurants, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle et l’open banking. «Il ne s’agit pas d’une simple digitalisation, on repart d’une page blanche, insiste Arnaud Martenat, CEO et cofondateur d’Olenbee. On a voulu supprimer tous les irritants de systèmes qui n’ont pas beaucoup évolué depuis soixante ans.» Des systèmes que les fondateurs d’Olenbee connaissent parfaitement : ils se sont rencontrés quand ils travaillaient chez le mastodonte du secteur, Sodexo.
«Nous inversons le flux monétaire»
«Notre technologie permet à nos algorithmes d’identifier les dépenses éligibles aux titres-restaurant grâce aux codes APE des commerçants, détaille Arnaud Martenat. Au lieu d’utiliser une carte dédiée, le salarié règle avec sa carte bancaire ou son téléphone. Olenbee repère ensuite la transaction et la fait remonter dans l’application. Le bénéficiaire n’a plus qu’à cliquer pour être remboursé. Nous inversons le flux monétaire.»
Les solutions Olenbee sont acceptées dans tous les établissements éligibles au regard de la réglementation et non pas seulement auprès d’un réseau de commerçants partenaires. Le dispositif ne repose pas non plus sur l’habituel système de commissionnement (de 3 à 15%), mais sur une tarification partagée entre l’employeur et le commerçant. Dématérialisée, la solution évite la fabrication, l’acheminement et la distribution d’innombrables petits rectangles de plastique. «Pour nous un bon système est un système qui est invisible», résume Arnaud Martenat.
«Le choix de Rouen ne doit rien au hasard»
Parmi les investisseurs de ce tour de table se trouvent notamment Go Capital, ainsi qu’une «figure internationale majeure de l’industrie technologique» dont la start-up tait le nom. 450 000 € ont été levés sous forme de dette auprès de l’antenne rouennaise de Bpifrance, cofinancés avec le Fonds européen de développement régional (Feder). «Nous avons bénéficié d’un accompagnement exceptionnel de la part de Rouen Normandy Invest, souligne Arnaud Martenat, originaire de la ville, pour qui «le choix de Rouen ne doit rien au hasard».
Ces 7 millions d'euros doivent permettre à la fintech de «maintenir, voire creuser son avance technologique» tout en développant sa visibilité et son portefeuille-client. La start-up se fixe des objectifs pour le moins ambitieux : atteindre les 80 000 bénéficiaires d’ici janvier 2027, contre 6 000 actuellement. Elle table pour cela sur les fêtes de fin d’année, après s’être lancée sur le marché des cartes cadeaux en juin 2026. La fintech lorgne déjà l’international, avec prudence. Elle entend d’abord conquérir d’autres verticales - culture, chèques-vacances ou mobilité - ainsi que le marché du cashback, qui connaît une adoption croissante.