Incertitudes, inquiétudes et quelques bonnes nouvelles. Le 23 septembre, à Paris, Intercommunalités de France- qui en fédère près d'un millier- tenait sa conférence de presse de rentrée. A l'approche de son congrès annuel, l'association d'élus, peut se prévaloir de quelques «motifs de satisfaction», selon les mots de son vice-président Finances et fiscalité, Boris Ravignon. Exemple, avec l'abandon du projet du gouvernement concernant la consigne des bouteilles en plastique qualifiée de «fausse consigne».
Globalement, toutefois, c'est bien l'inquiétude qui prédomine et elle concerne le projet de loi de Finances pour 2027. Au moment de la conférence de presse, «nous ne connaissons ni le niveau de l'effort qui va nous être demandé et sa répartition. Le message que nous allons marteler, est qu'il n'est pas question que cela soit aussi injuste qu'en 2025 et 2026», a déclaré Boris Ravignon. Pas question de jouer le rôle de «variables d'ajustement», a-t-il insisté. De fait, un bilan de la Cour des comptes, «Les finances publiques locales» (juillet 2026) relève le caractère «disproportionné» de la contribution demandée aux intercommunalités en 2026, ces dernières supportant un effort de 1,76 milliard d'euros, soit près de la moitié de la contribution totale, alors qu'elles représentent environ 20% de leurs dépenses de fonctionnement. Autre constat de la Cour, une combinaison de dispositifs qui a fait peser sur certaines intercommunalités une charge particulièrement élevée au regard de leurs capacités financières. Cette situation concerne en particulier des territoires industrialisés.
Le 30 septembre, huit jours après la conférence de presse d'Intercommunalités de France, le projet du gouvernement présenté au Comité des Finances publiques -instance chargée de représenter les collectivités locales – confirmait au moins pour partie les craintes de l'association : 5,4 milliards d'euros d'effort seront demandés aux collectivités locales en 2027, contre 4,7 en 2026.
«L'urgence nous rattrape»
Or, enlever des moyens aux intercommunalités alors que les effets du changement climatique deviennent de plus en plus prégnants et dramatiques pourrait avoir des conséquences graves, alerte l'association. «L'urgence nous rattrape. Si les intercommunalités sont oubliées une fois de plus, c'est tout ce qui concerne l'eau, les incendies, l'économie culturelle et touristique qui va se casser la figure», signale Boris Ravignon. De fait, les intercommunalités sont parties prenantes dans les politiques de gestion durable des ressources, d'adaptation aux risques, de transition énergétique et de cohésion sociale, toutes impactées par le changement climatique. Ce dernier questionne aussi les compétences en matière d'urbanisme des intercommunalités : «le risque des incendies appelle à regarder la manière dont sont définies les zones constructibles. Celles en proximité d'une forêt pourraient être vues comme des zones à risque», illustre Christophe Degruelle, vice-président culture de l’association.
Partant, canicules et incendies bouleversent l'économie des festivals et du tourisme, autres champs dans lesquels interviennent les intercommunalités. Tous ces sujets pourraient amplement nourrir plusieurs jours de débats, mais la 36e convention qui se tient du 14 au 16 octobre à Dunkerque vise aussi à affirmer la position de l'association dans le cadre du débat de la présidentielle. «Il va falloir aller vers plus de liberté. Nous souhaitons un changement d'approche complet avec un véritable mouvement de décentralisation pour simplifier rapidement les choses», explique Boris Ravignon, Et aussi : «notre texte devra être très offensif pour la défense de l'interco (…) LFI et le RN ont un discours très anti-intercommunalités», ajoute Christophe Degruelle.